L'animateur de l'atelier d'écriture de Sciences-Po Bordeaux


Écrivain confirmé âgé de trente-neuf ans, Olivier Bleys a publié vingt livres : romans, essais, récits de voyage, bandes dessinées, romans d'anticipation, surtout chez Gallimard qui l’a nommé en 2004 lecteur permanent. L’ensemble de son œuvre est traduit dans une dizaine de langues, et lui a valu de nombreuses récompenses dont le prix François Mauriac de l’Académie française pour Pastel (Gallimard, 2000). Au cours de sa carrière, Olivier Bleys a effectué plusieurs séjours en résidence d’écrivain et pris part à de nombreuses manifestations, tant en France qu’à l’étranger : par exemple, il a été choisi pour représenter la France aux IIIe Jeux de la Francophonie à Madagascar.
En juillet 2010, Olivier Bleys a pris le départ d'un tour du monde à pied, par étapes, qu'il poursuit d'année en année.
 
Les participants à l'atelier d'écriture de Sciences-Po Bordeaux

2010 - 2011

Virginie B.

Je m'appelle Virginie B. (21 ans) et je suis actuellement en première année de Master "Droit des Administrations et Etablissements Culturels" (j'envisage de travailler dans l'événementiel, monter et développer des projets culturels pour des administrations ou établissements publics). J'ai fait un bac littéraire et deux ans en classe préparatoire littéraire avant de rentrer à Sciences po directement en troisième année. Dans l'écriture ce que j'aime par dessus tout, ce sont les mots. Je suis habituée aux dissertations de philosophie, de littérature ou d'histoire. J'aime pouvoir retranscrire au plus juste ce que j'ai pu comprendre ou ressentir. Cet attachement est souvent pesant étant donnée la difficulté à mettre en mots un ressenti, mais aussi, du fait de l'extrême richesse et de la subtilité de la langue française. On ne peut pas dire que je sois extrêmement prolixe en matière d'écriture en dehors de l'école (il m'est arrivée étant plus jeune d'essayer d'écrire un roman, une courte fiction, j'ai également écrit une nouvelle (là encore dans le cadre scolaire), et quelques poèmes). J'écris peu pour moi même, par pudeur, par modestie et par peur de me retrouver confrontée à moi même, l'introspection n'étant jamais une épreuve facile. Je préfère m'atteler à des textes beaucoup moins personnels (articles, dissertation etc.). D'ailleurs ma motivation première en rentrant à Sciences Po était d'entrer en Master Journalisme, afin d'écrire des articles sur les pratiques artistiques. J'aime beaucoup lire et m'intéresse à l'Histoire, l'histoire de la pensée, de la littérature, des arts et notamment de la danse, pratique artistique à laquelle je m'adonne depuis très longtemps et encore aujourd'hui (association sportive et bureau des Arts). Je n'ai pas de genre littéraire de prédilection bien qu'il m'arrive plus souvent de choisir d'ouvrir un roman pour une lecture solitaire, oisive, plutôt qu'un recueil de poèmes ou une pièce de théâtre. Toutes les formes d'expression littéraire me passionnent, de la plus traditionnelle à la plus controversée, de la plus antique à la plus contemporaine. Je n'arrive pas à vraiment à choisir un genre de prédilection. Néanmoins, j'aime beaucoup les écrits qui mêlent prose littéraire, voire poétique et réflexion philosophique (un des livres qui m'a particulièrement touchée étant plus jeune, est Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke). Je n'ai pas d'attentes particulières vis à vis de l'atelier. C'est la première fois que je me lance dans une telle activité, je n'ai donc aucune idée de ce qu'il est convenu de faire dans ce genre de lieu. Néanmoins, le programme que vous nous avez proposé me parait particulièrement riche, et semble satisfaire à tous les goûts (écriture littéraire et journalistique). Il me semble que tous les élèves avec qui j'ai discuté à la sortie du précédent atelier avaient l'air enchanté et surpris de votre investissement et de la richesse du programme que vous nous avez proposé.


Aurélia C.


Je m'appelle Aurélia C., je suis étudiante en quatrième année dans le master CID-GRPS. En fait, sous ce sigle incompréhensible se cache le beau projet d'apprendre la Coopération Internationale et le Développement (mais aussi!) la Gestion des Risques dans les Pays du Sud. Au final , ce qui m'intéresse, se résume en 2 lettres : GR (Gestion des Risques). Avant Sciences Po, j'ai obtenu un bac S avec option Théâtre (5 ans ) puis j'ai fait une prépa Cachan à Gustave Eiffel avec des cours en fac de droit. La deuxième année, je l'ai passée au Mexique. J'ai eu l'occasion de beaucoup voyager et d'apprendre la culture, l'histoire et la littérature. Mon rapport à l'écriture est surtout une passion pour la lecture. Je n'ai jamais vraiment écrit, si ce n'est des poèmes de pré-ado (lus en famille) et des mails d'ado (écris à un entourage un peu plus large) relatant les différentes expériences vécues. Ces mails ont été compilés puis m'ont été remis en même temps que mes "premières critiques littéraires", si l'on peut dire. La pratique de l'écriture serait pour moi plus "dilettante". C'est à la base l'envie d'écrire une pièce de théâtre (pour la jouer ensuite) qui motive ma participation aux ateliers. C'est également la lecture de "Mon nom est rouge" d'Orhan Pamuk qui écrit son roman de manière polyphonique qui m'a donné envie d'essayer, de me lancer en fait. Ce que j'attends de l'atelier, c'est un cadre, des repères, du soutien. Je suis plus inspirée au hasard que assidue à des horaires de travail. Et j'ai beaucoup de mal à tenir des engagements (avec moi-même), à mener au bout des tentatives, que ce soit par crainte, ou par ignorance (comment on se lance ? D'ou vient l'idée Comment on la développe ?) .


Camille C.



Je m'appelle Camille C. et je suis étudiante en 4e année à l'iep, où je suis entrée directement après un bac littéraire. Je suis en master GEA (géoéconomie appliquée), qui est comme le nom ne l'indique pas vraiment un master de gestion des risques à l'international. J'avoue avoir du mal à mettre des mots sur mes attentes vis-à-vis de l'atelier, car avant la première séance je ne savais sincèrement pas à quoi m'attendre. Je me suis inscrite car j'aime écrire, et ma motivation se résumait à cette simple intuition. Votre présentation m'a cependant fait entrevoir plus précisément mes envies... Tout d'abord je suis pas du tout ici dans un objectif professionnel: l'écriture et la lecture ont toujours été pour moi des espaces de liberté totale que je mets un grand soin à ne pas transformer en activités universitaires ou professionnelles. Je lis essentiellement des romans, un peu de poèmes (certains auteurs surtout) et de théâtre. La lecture est certainement ma première "passion", au sens de l'activité qui m'a toujours permise, il me semble, de me ressourcer dans les moments difficiles ou heureux, de me découvrir et de découvrir le monde. L'écriture occupe dans ma vie une place similaire. J'écris par pulsions, parce que j'éprouve le besoin d'exprimer des sentiments, des réactions, de réfléchir sur des évènements, mais je dois reconnaître que je n'ai pas vraiment la persévérance nécessaire pour travailler sur mes écrits ou en faire quoi que ce soit de vraiment cohérent et construit. Je les relis d'ailleurs très peu, et n'écris jamais plus d'une petite dizaine de pages (manuscrites...) d'affilée. Le projet le plus suivi que j'aie mené en termes d'écriture est sans doute mon carnet de voyage que j'ai tenu lors de mon année à l'étranger (j'étais à Taiwan et ai beaucoup voyagé en Asie du Sud-est). Je ne cherche donc a priori pas à être écrivain, ni journaliste d'ailleurs, je ne pense pas en avoir le talent, le courage et le désir. J'espère cela dit, avec cet atelier, me forcer à aller plus loin que je ne le fais seule et, si cela est possible, partager un peu de l'expérience de l'écriture et de la lecture avec d'autres.


Nicolas C.


Ecrire, c'est d'abord pour moi une expérience nouvelle, celle de se retrouver dans une autre posture vis à vis du dialogue qu'instaure un livre. Après une hypokhâgne et une Khâgne, j'éprouve le besoin de comprendre comment, par quels procédés, la littérature ouvre ces mondes dans lesquels j'ai évolué pendant deux années. Je les ai décortiqués minutieusement en butant toujours sur ce matériau opaque qu'est le style( qui appartient à la "structure charnelle de l'auteur" dont parle Barthes). Voilà pourquoi je veux travailler les procédés stylistiques dans cet atelier, car c'est bien en se situant du côté de la production du texte, en s'exerçant à l'écriture que le style peut s'éclaircir. Bref, j'aimerais aussi trouver le mien, l'étayer et le perfectionner, pour moi-même, mais aussi pour mon projet de journalisme. Voici donc comment je perçois mon rapport à la littérature et à l'écriture. 

Leonce N.

Mademoiselle Leonce N., 21 ans, Master 1 "Politique et développement dans les Pyas du Sud" (recherche)
rapport à l'écriture : pure amateur, pratique plus que dilettante mais qui dans le fond n'attend qu'à être prise en main. Il me faudrait un carnet à brandir n'importe quand car ce sont surtout des inspirations soudaines et très passagères. J'écris aussi autour d'une question de fond qui me taraude ou d'une impression saisissante dont j'ai mémoire, d'une découverte profonde. Je suis de ces gens extrêmement pudiques quant à leurs écritures car je m'y dévoile totalement. Personne ne sait d'ailleurs vraiment que j'aime cela. Ça n'est donc pas un projet professionnel (pour l'instant du moins!), mais je dirais bien plus un désir que j'ai depuis longtemps, voire de temps en temps une nécessité... Finalement, j'ai beaucoup à apprendre moi-même sur ce rapport que j'ai à l'écriture. Les genres littéraires qui me sont familiers : J'ai toujours aimé la poésie, j'en ai pas mal écrit entre 12 et 18 ans. J'ai découvert cela lors d'un concours de poésie en 6ème, dont j'étais sortie gagnante! La poésie m'intéresse moins aujourd'hui. Les vers me paraissent contraignants, je ne me sens pas assez libre dedans. Elle est plutôt le premier contact que j'ai eu avec la plume. J'aime toujours en lire, et surtout en entendre. Le roman est la forme que j'ai le plus de plaisir à lire. à écrire, je n'ai pas encore entrepris une telle aventure... surtout que les romans que j'ai lus avec la plus grande fascination sont souvent l'oeuvre d'une vie! (je pense à Julien Gracq, le rivage des Syrtes, que j'aime beaucoup). Je suis extrêmement sensible à l'écriture. Une écriture qui ne me plait pas peut me gâcher totalement la lecture d'un livre. D'où mon goût pour Gracq. J'ai encore tout à découvrir des trésors de la littérature. Mais je lis très lentement, cela prend un certain temps..
Mes attentes pour l'atelier : plus art que journalisme.
J'ai apprécié la présentation que vous avez faite. Les jeux de mots et lettres ne m'intéressent pas non plus spécialement. Je suis ravie de découvrir des auteurs, des styles, des choses que les uns et les autres aiment. le dosage lecture-écriture me plait.
Remarques : J'aime la musique avec la même intensité et intimité que la lecture, voire plus encore. Je joue un peu (trop peu) de piano, et écoute énormément de classique entre autres.
La photo me plait aussi beaucoup. Je crois que l'écrivain comme le photographe voient le monde avec un oeil différent, la poésie leur apparait dans les choses simples. Une ombre, une sensation fugitive, un personnage pittoresque à son insu...
Et je retrouve encore cette façon de vivre et voir, dans le voyage. J'ai passé un an en Syrie, année qui été d'une intensité folle, et que je m'efforce de digérer du mieux possible. C'était très fort. Mais je n'ai rien su écrire. Peut-être que cela viendra.


Ninog K.


Ninog K., 22 ans, en 4° année dans la filière IEDG (Intégration européenne et développement global, dont le sens reste encore flou après explications : c’est une filière jumelée avec l’université de l’amitié des peuples de Moscou, j’y passerai ma cinquième année).
« De toute façon, je sais très bien que tu finiras par écrire ». C’est un peu ça mon rapport à l’écriture, ma mère qui, dès ma première dissertation réussie au collège, se met en tête que j’ai un don. Mais malheureusement, quelques années après, il faut se rendre à l’évidence : mis à part les devoirs sur table du samedi matin que notre cher IEP nous propose chaque année dès la rentrée de novembre, je n’écris plus grand-chose. Je sais pourtant que j’aime ça. Je travaille depuis deux ans pendant l’été à la rédaction de Ouest-France (à Quimper il y a deux ans et à Morlaix cet été). Même si les articles restent de l’ordre du local, j’ai quand même pu, à quelques occasions, prendre du plaisir à écrire. De plus, cette expérience m’a appris que l’écriture nécessitait quelques règles, surtout dans la presse, où il y a des exigences de forme, de vocabulaire, à respecter. Je me suis rendue compte que taper sur un clavier ou écrire sur une feuille demandait un cadre un peu plus rigoureux que ce que je pensais. C’est peut être pour ça que je n’ai jamais terminé les semblants de débuts de nouvelle ou de roman que j’écrivais petite… Bon, sinon, je n’ai jamais arrêté de lire. Beaucoup de fantasy au collège et au lycée, et l’impression une fois cette période terminée, d’avoir énormément de retard vis-à-vis des « classiques » (fonction culpabilisante des cours de culture générale à l’IEP). En tout cas, très peu de poésie, je ne suis pas très sensible au genre, sauf en cours de littérature, lorsque l’on doit décrypter le poème en ayant l’impression de se battre un peu pour qu’il prenne plus de sens à nos yeux. En matière de roman, je choisis surtout au coup de cœur : une couverture attrayante, un résumé farfelu (l’influence de Roald Dahl sans doute) ou la nationalité de l’auteur peuvent me faire acheter un livre. J’aime beaucoup la découverte en littérature. Toujours est-il que les espoirs de ma mère, et le plaisir que je retire de la lecture, m’ont incitée à m’inscrire à votre atelier. En fait, ce dont j’ai besoin, c’est d’un cadre un peu formel pour me pousser à écrire. Simplement pour voir si j’en suis capable, ou si cela doit juste rester un plaisir personnel. C’est pour ça que je n’ai pas d’attente particulière vis-à-vis de l’atelier. J’ai juste besoin d’une motivation supplémentaire, et le programme que vous avez énoncé me convient tout à fait.

Thibaut L.


Je m'appelle Thibaut L., j'ai 23 ans, je suis en 4e année à Sciences-po en Master Carrière Administrative (CA). A l'issue de ce master, je compte pour l'instant passer le concours de directeur d'hôpital, sans pour autant écarter l'idée de quitter le cadre universitaire de façon temporaire, le temps d'une mission de 6 mois sur le terrain pour le compte du Comité International de la Croix Rouge.  Mon rapport à l'écriture s'est modifié au cours du temps, en fonction de mes expériences personnelles. Enfant j'écrivais des poèmes, des petits textes romanesques et des petites pièces de théâtre à ma famille et mettant en scène mes amis et mes cousins; l'écriture eut ensuite une fonction catharsique très importante durant mes années d'adolescence, je privilégiais notamment la forme poétique (prose libre et éclatée).
Il y a deux ans, sortant d'une exploration sur la forme du Haiku, j'ai tenté de franchir un pas en commençant une pièce de théâtre sur un thème antique, mais moderne dans sa forme. Je reste très attaché à la poésie, mais pour être tout à fait franc, je pense que je m'y suis le plus souvent tourné dans la mesure où un poème reste généralement court. Un poème, lorsque l'on commence à écrire est sans doute moins pudique à réaliser qu'une œuvre de plusieurs pages, qui suppose une disponibilité d'esprit plus prolongée. J'ai aussi écrit régulièrement des petits articles pour des journaux de lycée, ou ceux de sciencespo, généralement sur des tons plus humoristiques, voire potache, dans l'état d'esprit "promo". Enfin je tente régulièrement de composer quelques chansons (en français, allemand, anglais) pour m'accompagner à la guitare, et je suis passé par une période de Slam (au début humoristique, puis plus sérieuse). Vous le voyez, je ne dirai pas que j'écris de façon "massive", mais je reviens à l'écriture de façon systématique, et dans des formes assez changeantes selon mes humeurs et mes projets. La forme de l'écrit revêt une importance assez forte selon moi, c'est pourquoi j'aimerais profiter de votre expérience en la matière : vous avez pu travailler sur des supports et des genres littéraires très divers. Comment conçoit-on un dialogue de bande dessinée? Votre expérience sur les dialogues d'un jeu vidéo m'intéresse également (si vous pouviez m'en dire un peu plus là aussi...). A plusieurs reprises vous êtes revenu sur les "romans historiques" qu'on vous avait "commandé" : vous avez une fois de plus piqué ma curiosité. Vous nous aviez aussi parlé de l'importance des plages d'écriture, ces moments que l'on réserve à l'écriture, dans des lieux choisis car propices à l'inspiration : je suis actuellement assez frustré du fait de mon rythme de vie universitaire (et sportif...) qui ne me laisse que trop peu l'occasion de m'en octroyer. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de participer à cet atelier. Je suis d'ailleurs très fortement intéressé par votre proposition de faire un séminaire sur une ile de l'estuaire de la Gironde. Votre approche très concrète du métier d'écrivain m'a beaucoup marqué à l'issue de la première séance. Je pense notamment à vos descriptions du monde de l'édition. (Actuellement, je suis en recherche de conseils en la matière, non pas que je sois arrivé à une maturité suffisante pour proposer un manuscrit, mais c'est un projet qui me tient à coeur.) Je ne connaissais pas le système d'hébergement et de bourses bloquées pour une période déterminée. Pourriez vous m'en dire un peu plus sur ces programmes, et sur leurs critères d'accessibilité? Est-il raisonnable de penser pouvoir y postuler, étudiant, et sans aucune publication? Pouvoir me dire "écrivain" est un rêve de gosse, qui m'accompagne au quotidien, comme beaucoup d'entre nous je pense, en vivre est une autre, mais vous êtes la "preuve vivante" (désolé pour le terme un peu déshumanisant) que c'est bel et bien possible. Pour toutes ces raisons, j'aimerai profiter au maximum de cet atelier d'écriture. Des exercices en classe et en présence des autres ne me feraient je pense pas de mal (même si je n'arrive pas à écrire de façon automatique, ou sous contrainte) ; ou encore la possibilité de murir un projet littéraire que vous encadreriez au cours de l'année serait une idée intéressante... J'en oubliais votre question sur mes goûts littéraires. De manière générale je pense être assez curieux : je ne m'arrête pas à un genre ou un auteur en particulier. J'aime beaucoup la poésie d'Aimé Césaire, de Paul Eluard et de Baudelaire, ainsi que la poésie courtoise et les gestes médiévales. Je m'intéresse aussi au mouvement du Sturm und Drang allemand, et notamment à Hölderlin et Heine, ou encore Paul Celan pour rester dans les poètes d'Outre-Rhin. Le théâtre également, de Sartre et de Camus, de de Jarry et Ionesco, de Shakespeare. Je suis aussi un inconditionnel d'un auteur actuel : Wajdi Mouawad (auteur de la tétralogie du Sang des Promesses). Je lis quelques romans, quasi exclusivement les "classiques", et quelques auteurs modernes de romans historiques (de Michel Ragon à Max Gallo...). J'aime beaucoup les écrits de sciences fiction (Asimov, Pierre Boule, Lovecraft que j'ai un peu moins lu). Je m'attaque régulièrement à des essais, pourvu que le thème me plaise ; et également à des pointures médiatiques afin de m'en faire un avis propre (je pense à Michel Houellebecqu). Voilà, j'espère que ces informations vous seront utiles, je m'excuse d'avoir autant parlé de moi, j'attends avec impatience vos récits d'expérience plus concrètes, poussées et assumées que les miennes!


Camille M.


Je suis Camille M., j'ai vingt ans, et je reviens d'un échange d'un an en Argentine, que j'ai effectué dans le cadre de ma deuxième année à l'IEP. Avant de l'intégrer, j'ai fait une année d'hypokhâgne, à Rennes, mais j'y ai vécu la littérature et la philosophie comme des poids que je n'ai pas vraiment su maîtriser, je n'en ai pour cela pas gardé un très bon souvenir.
J'ai commencé à écrire très petite, j'avais commencé à lire aussi tôt, et je suis devenue vite assez attachée à l'imaginaire, aux fictions. J'aime écrire car cela me donne la possibilité de mettre le doigt sur mes sensations, mes pensées. Ecrire évite d'oublier, de rester dans le flou. Cela peut tenir de l'évidence de ce que nous vivons ou ressentons, ou bien d'un regard plus reculé, où l'on créé, on travaille. C'est pour cela que l'exercice de la poésie me plait assez.
Mais je regrette une chose, c'est de prendre le moins en moins le temps d'écrire et de créer. Comme une peur de me lancer, de prendre le temps. Je voudrais être journaliste, sur le plan professionnel. Mais surtout voyager, ne jamais être satisfaite du milieu où je vis, j'aime découvrir ce qui m'est différent.


Guillaume S.


• civilité (nom, prénom), âge, filière : je m'appelle Guillaume S., j'ai vingt ans et je suis en première année à l’IEP (j'ai fais deux ans de prépa littéraire filière B à Nancy).

• votre rapport à l’écriture aujourd'hui (projet professionnel — journalisme, littérature… — ou pratique dilettante)  : Professionnellement, je ne suis pas sûr d’avoir fait le bon choix en m’acharnant sur le concours d’entrée à science po et je suis d’ailleurs une L3 d’histoire pour m’ouvrir les portes de l’agrégation. Je n'arrive pas à me fixer un objectif précis car trop de choses m'intéressent. Parmi celles-ci je crois pouvoir placer en haut de liste la création, la connaissance, les expériences et l'action altruiste. Le journalisme pourrait peut-être me permettre de concilier ces aspirations...  Pour situer mon rapport à l'écriture, je crois que le plus simple serait de vous raconter mon itinéraire créatif. Mu par une curiosité adolescente, j'ai touché à beaucoup de chose en dilettante sans parvenir me spécialiser dans un art précis. J'ai commencé à faire du théâtre pour prendre confiance en moi et j'ai accroché, j'ai voulu vivre de cette passion. Mes professeurs et mes parents m'ont convaincu de faire science po après le bac pour "avoir un diplôme". Entre temps, le théâtre m'avait ouvert à de nombreux autres arts (car pour être comédiens aujourd'hui il faut maitriser plein de savoir-faire), notamment la musique et le chant et j'ai commencé à écrire un journal, des scènes et des textes un peu obscurs, personnel et très passionnés. J'ai raté le concours science po deux fois mais j’ai persévéré en faisant deux années de prépa. Du coup, j’ai perdu de vue mon objectif premier ; j'ai arrêté le théâtre. En prépa, j'ai quand même trouvé le temps d'apprendre un peu à dessiner - toujours en autodidacte - et surtout d'écrire. Je n’ai malheureusement pas eu le temps ou le courage de faire quoique ce soit de très abouti. J'ai commencé une nouvelle - ou un roman - d'anticipation que je n'ai jamais fini.
En rentrant un science po, je me rappelle de mes rêves de lycéens, mes années de prépa ont peut-être étouffé mon inspiration en me rendant systématique. La prépa surement moins mortifiante que ça et avoir simplement tourné ma créativité vers l'écriture en la nourrissant de littérature. Peut-être aussi ne suis-je pas si créatif que ça. En tout cas je manque de confiance en moi et d'un cadre pour me lancer, j’aimerai créer quelque chose qui me plaise. Ainsi votre atelier d’écriture devrait me permettre de répondre à ces questions.

• les genres littéraires (poésie, roman…) qui vous sont les plus familiers ;
J’ai surtout lu des pièces de théâtre. Je cherche de la prose poétique en ce moment, Proust a pu combler mon désir.

• vos attentes vis-à-vis de l’atelier, qui m'aideront à fixer le programme de l’année ;
Je du répondre plus haut, j’aimerais approfondir ma créativité littéraire et voir si l’écriture est mon domaine d’activité. Les exercices de styles et les nouveautés excitent ma curiosité mais a terme, j’aimerais produire quelque chose de concret.


Pierre S.


Je m'appelle Pierre S., j'ai 21 ans et je suis en master Carrières Administratives. Je suis d'ailleurs en ce moment en stage dans un hôpital à Cayenne en Guyane. Je viens d'avoir ma première réunion gestion des risques au sein de la morgue.  Ça ne donne pas envie de mourir.
J'avais commencé à vous écrire depuis l'hôpital et j'ai réalisé en lisant votre message que j'avais oublié de terminer le mail! Mon rapport à l'écriture passe par le journalisme et le théâtre. Manière pour moi d'introduire le fait que demain  je ne vais pas pouvoir être présent, je présente une pièce de 15 min que j'ai rédigé, dirigé et dans laquelle je joue. Cette représentation m'a été demandée par l'association Entreprendre Ensemble dans le cadre de la conférence sur les femmes au pouvoir. Sinon, lorsque vous avez présenté l'atelier d'écriture, vous avez parfaitement répondu a mes attentes et à mes inquiétudes.

Marion T.


Je m'appelle Marion T., j'ai 21 ans. Je suis étudiante à Sciences Po Bordeaux en première année de master "affaires publiques et représentation des intérêts", je fais partie de la filière intégrée franco-espagnole (c'est à dire qu'un an sur deux au lieu d'être à Bordeaux, je suis à Grenade). Au départ je voulais participer à l'association du BDA mais je ne savais pas vraiment comment je pouvais être utile. Quand Guillaume a su que j'étais intéressé par votre atelier d'écriture, il m'en a donné la charge de la communication et de la coordination avec le Bureau. Cet atelier a une place particulière dans notre association du fait de votre présence, je suis ainsi rattachée au pôle communication du bureau du BDA afin de faire le lien entre ce qui se passe dans l'atelier et ce qui se passe dans l'association.

Camille V. 1


Je m'appelle Camille V., j'ai 19 ans et je suis en filière générale à sciences po (1ère année). J'ai un bac+1 puisque j'ai fait une prépa sciences po à Paris l'année passée. J'écris depuis toute petite et adore la lecture. Je voulais même en faire mon métier même si aujourd'hui, cependant, je pense en faire plus une pratique à côté d'un autre métier. J'ai déjà écrit quelques nouvelles, un scénario de court-métrage, beaucoup de textes personnels (des pensées au jour le jour) et je suis sur un projet de roman depuis plus d'un an (qui des fois stagne un peu du fait des études). Je pense que lire et écrire vont de pair. Ce qui est assez drôle d'ailleurs, c'est que bien souvent maintenant, lorsque je me met à écrire, j'ai envie de lire et lorsque je lis, cela me donne l'envie d'écrire. Je n'aime pas trop l'écriture journalistique, même si je n'ai pas de genre littéraires de prédilection. J'aime aussi bien le théâtre que la poésie en passant par les romans (policiers, d'amour ou historiques... et j'en passe) ou les essais. A dire vrai, je préfère la diversité, un artiste qui sait se diversifier cultive plus son talent selon moi. Je n'ai pas d'attentes particulières au niveau de l'atelier, il est vrai que j'aime beaucoup les Papous dans la tête de France culture et leurs jeux, mais ce que vous aviez proposé avait l'air tout aussi passionnant, en particulier le projet avec la francophonie. Je m'y suis inscrite parce que j'aime l'écriture, que c'est agréable de pouvoir travailler en groupe ce que je travaille généralement seule et que l'écriture a une grande part dans nos études, cela me semblait donc pouvoir avoir une utilité scolaire. Je veux juste entretenir mon écriture et tous les moyens seront agréables à employer. J'écris aussi bien sur le papier que sur l'ordinateur pour reprendre le débat de l'autre jour, les deux sont différents et j'aime beaucoup alterner, et puis, avoir un carnet sur soi est souvent plus facile que de sortir un ordinateur quand l'envie vous démange d'écrire. En fouillant un peu dans mon ordinateur, j'y ai retrouvé un texte de ce début d'année où je parlais de mon rapport à l'écriture. Comme c'était le principal sujet de ce texte de présentation, je me suis dit que cela pouvait être bien de l'ajouter.


19 février 2010

Qui étais-je il y a un an pour écrire tous ces mots ? Je les comprends encore, mais ils me semblent si loin. C'est assez surprenant de voir à quel point j'ai pu disserter sur toute chose, à quel point cela a disparu de ma vie aujourd'hui. Ce besoin d'écrire sur ce que je ressens, leur expliquer à tous comment ce sentiment m'a électrifiée, a changé ma vie. Surprenant est d'autant plus de constater comment je réagis face à cette relecture. Cela me met en alerte. Ce sentiment que quelque chose doit sortir, qu'il le faut, que c'est présent en moi et que cela ne demande qu'à s'épanouir ailleurs. C'est sans doute de là que viens ma passion pour l'écriture.
J'adorais lire, j'adore toujours cela. Mais lire et écrire, c'est tellement différent. Écrire, c'est se mettre en condition. C'est déployer ses sens, décupler son attention. C'est s'enivrer d'un désir que notre être ne peut pas contenir à lui seul. C'est avoir envie de donner encore plus. De rendre compte de quelque chose de bien particulier, qui existe dans notre pensée, à l'intérieur de nous même, sous une forme abstraite et irréelle, sans limites, sans contour. C'est donner un cadre. C'est s'exprimer. C'est être généreux. En somme, c'est dire autant de fois que l'on veut : « oui, j'existe et je vous le prouve », j'existe à la manière dont Descartes a fait son cogito. Car écrire est toujours écrire à. Si les textes sont là, hors de nous, c'est qu'ils sont destinés à être lus, même si ce n'est quepar la personne qui leur a donné leur quintessence.
Écrire, c'est si facile, si agréable, si douloureux, si compliqué parfois. C'est un tel plaisir, et une souffrance atroce à la fois. C'est accoucher d'une idée, au sens où une mère sort de sa propre chair un être nouveau. La conception est facile, l'éducation, plus difficile. Mais le papier demeurre votre allié, et c'est bien souvent que l'on se fait des amis d'encre dans des maisons de papier.
J'aime beaucoup aussi la citation de Françoise Sagan suivante : « Donner la vie à des personnages que l'on ne connaît pas, c'est beaucoup plus drôle que de parler de soi. C'est aussi une façon intelligente de tromper sa solitude… et d’oublier qu’il nous manque l’essentiel. »


Camille V. 2


Je m'appelle Camille V., j'ai 20 ans, je suis en 1ère année FIFI (filière intégrée France Italie). Avant d'intégrer l'IEP, j'ai fait une khâgne.
- L'écriture représente une pratique dilettante pour moi.
- Les genres qui me sont les plus familiers sont les romans et le théâtre.
- j'espère que cet atelier d'écriture nous aidera à mieux comprendre le rapport des auteurs à l'écriture et  nous fera progresser dans l'écriture.
Je m'appelle Alexandre Eusèbe, j'ai 21 ans et je suis en 4ème année, dans la filière franco-britannique de Sciences Po (j'ai passé deux années à l'université de Cardiff dans le cadre de cette filière, aujourd'hui je fais le master de géo-économie de Sciences Po). Je pense avoir toujours eu une certaine attirance pour l'écriture: petit j'écrivais et j'illustrais de petites histoires, adolescent j'écrivais des récits d'heroic-fantasy très "Seigneur des Anneaux"... Depuis des années j'ai envie d'écrire un roman sans vraiment jamais me mettre au travail, avant ces derniers mois. Sans avoir forcément l'ambition de devenir écrivain (bien que ce soit mon rêve d'enfance!) je voudrais au moins écrire pour moi-même.
Aujourd'hui je lis surtout de la littérature du XXème siècle, sans avoir particulièrement de genre de prédilection même si je ne suis plus vraiment attiré par le policier ou le fantastique. Je lis beaucoup de littérature américaine en version originale. Parmi mes auteurs préférés: F. Scott Fitzgerald ("Tender is the night" est certainement mon roman américain préféré), Boris Vian (et Vernon Sullivan!), Albert Camus, Alain Robbe-Grillet, Proust... et des auteurs plus "récents": Philippe Jaenada, Jean-Philippe Toussaint, Bret Easton Ellis...
J'espère que cet atelier me permettra de découvrir "l'envers du décor" du monde littéraire, et j'ai trouvé la première séance vraiment passionnante sur ce point. Je veux aussi trouver une motivation pour écrire: écrire tout simplement, au sein de projets communs, mais aussi écrire cet éventuel roman que j'ai plus ou moins commencé.
Je n'ai pas de commentaire particulier à faire, j'ai trouvé la première séance très prometteuse et les projets que vous avez proposé très intéressants! J'ai donc hâte de vous retrouver pour les prochaines séances. Personnellement je n'ai aucun souci avec les jours et les horaires modifiés du mois de novembre.